Un éminent professeur de liturgie à la prestigieuse académie Saint-Anselme écrivait sur son blog personnel, à propos de la béatification de Carlo Acutis : « Comment est-il possible qu’un jeune bienheureux puisse communiquer une théologie eucharistique aussi ancienne, aussi lourde, obsessionnelle, concentrée sur l’inessentiel et si négligée par rapport aux choses décisives ? », et il continuait en critiquant l’intérêt pour les miracles eucharistiques, qui feront l’objet d’une exposition dans l’église Saint-Thibaut du 5 au 25 mai 2026.
Qu’est ce qui a poussé ce professeur à être aussi acariâtre ? Est ce qu’il avait mal dormi la nuit précédente ? Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas seulement les pouvoirs politiques et religieux qui ont condamné le Christ mais également les pouvoirs de la connaissance : les scribes et les docteurs de la loi. Tout pouvoir peut être corrompu ; c’est vrai du pouvoir politique, économique ; c’est également vrai du pouvoir intellectuel et médiatique, qui peut être aussi nocif que la pire des dictatures.
Si les pouvoirs, quels qu’ils soient, se révoltent contre le message de l’Évangile, c’est qu’il vient relativiser leur importance. Les puissances de ce monde ne sont pas mauvaises en soi, mais elles ne sont pas nécessaires, seul Dieu est nécessaire. La parole de l’Évangile vient toujours « renverser les puissants de leurs trônes, et élever les humbles. »
Le jeune Carlo Acutis est un de ces humbles, qui ne se préoccupent pas de l’opinion du moment, de ce qui est à la mode, de ce qui plaît. Les saints ne sont jamais de leur temps, ils veulent respirer l’air de l’éternité. Carlo est mort jeune, il n’a pas pu faire de brillantes études universitaires ou entrer dans une grande école d’ingénieur, mais il a compris avec une force incroyable que : « La très sainte Eucharistie contient en effet l’ensemble des biens spirituels de l’Église, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque, le pain vivant, qui par sa chair, vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante, procure la vie aux hommes. » (Concile Vatican II, Décret sur la vie des prêtres n°5).
Jeune garçon, joyeux, passionné d’informatique, joueur et facétieux, Carlo ressemblait à tous ses petits camarades, mais parce qu’il cherchait à suivre le Christ, il a été préservé des aprioris de son époque, des modes de pensée qui ne peuvent que se démoder. Un vrai disciple de Jésus n’est jamais de son temps, mais du temps de Dieu, qui a toujours un temps d’avance sur la marche du monde. Comme Carlo Acutis l’écrivait lui-même : « Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies. »
Père Gaël Bénéat+
