A la suite de l’édito de la semaine dernière sur la valeur éducative du sport qui est « un puissant facilitateur de relations sociales : il crée des communautés, éduque au respect des règles communes, enseigne qu’aucun résultat n’est le fruit d’un parcours solitaire. » (Pape Léon XIV), je continue la métaphore sur le sport en l’appliquant à l’entraînement du Carême.
Le Carême vient pour que nous exercions sérieusement notre vie spirituelle, le programme est donc proportionné à l’état de notre vie spirituelle. Un sportif, qui s’entraîne régulièrement, a déjà une bonne habitude de faire des efforts, il va donc se concentrer sur le perfectionnement de ses points faibles, il va ainsi spécialiser son entraînement ; le sportif occasionnel, lui va se concentrer sur la régularité, l’entraînement va lui servir à tenir une bonne santé sportive sur une longue période ; celui qui se remet au sport va commencer progressivement son entraînement, en évitant de forcer et de brûler les étapes. Il en va de même dans la vie spirituelle, il faut ajuster l’effort que nous voulons vivre pendant le Carême, pour que nous puissions vivre de manière plus aisée notre vie spirituelle après le Carême. Car l’entraînement du Carême n’a pas comme objectif de tout arrêter après les fêtes de Pâques, mais de continuer à entretenir notre vie spirituelle que nous aurons fait progresser pendant le Carême.
Le Seigneur Jésus nous donne trois exercices concrets pour l’entraînement du Carême : l’aumône, la prière et le jeûne. En fonction de votre avancée dans la vie spirituelle ces trois exercices concrets seront différents ; d’une simple privation de chocolat, à un jeûne strict en supprimant un repas pendant le Carême ; de même pour la prière qui peut aller de la récitation plus fréquente du Notre Père ou du Je vous salue Marie, à un long temps quotidien d’oraison ; ainsi que pour l’aumône qui peut aller de l’offrande ponctuelle d’aide matérielle ou de service, à l’engagement de don important et régulier à une association caritative ou au denier de l’église. On doit se souvenir du conseil de Saint Paul : « Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. » (2 Co 9, 7).
Pour vivre cet entraînement du Carême, il faut aussi se donner des temps de respiration intérieure. Le repos fait également partie de l’entraînement, et nous avons une belle occasion cette année avec le concert spirituel, autour de l’œuvre de César Franck, qui est programmé pour le dimanche 15 mars à 17h à l’église Saint-Thibaut. Ce concert est en hommage à Jean-Paul Imbert qui a été un organiste liturgique, plus particulièrement à l’église Saint-Louis du Port-Marly. Durant ce concert vous pourrez entendre, ou réentendre, l’oratorio « les sept paroles du Christ en Croix », composé pour la semaine sainte et qui nous offre une belle méditation sur la Passion de Jésus.
Père Gaël Bénéat+
